Charte éthique du Studio Coquelicot
J'ai plusieurs fois songé à me réorienter. J’ai appris mon métier de designer graphique à travers le marketing, lui-même ancré dans une volonté de consommation et de croissance permanente, des logiques que je questionne profondément depuis que je suis sortie d’études. Exercer ce métier dans un système capitaliste, c'est composer avec une contradiction.
En étant freelance, j’ai fini par trouver le sens qui me permet de créer sereinement et en conscience. Je crois que le design a un pouvoir réel : celui de donner de la visibilité, amplifier et légitimer des initiatives collectives (professionnelles ou à but non lucratifs) et rendre désirables des alternatives au modèle dominant.
Mon travail n'est pas neutre, et je ne prétends pas qu'il l'est. Cette charte définit les engagements qui guident mes choix professionnels avec une dimension militante fidèle à mes convictions. Elle est ma façon de transformer cette contradiction en cohérence.
Les projets que j'accompagne
Je travaille en priorité avec :
les acteurs de l'alimentation, de l’agriculture, de l'artisanat et de la culture, secteurs au cœur de ma spécialisation, porteurs de savoir-faire essentiels et de solutions concrètes aux enjeux de notre époque notamment le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources naturelles, la pollution, l’ultra-transformation des produits alimentaires mais aussi les inégalités sociales, la disparition des savoir-faire avec l’IA ou encore la concentration des médias.
les associations, les projets culturels, éducatifs et artistiques à vocation non lucrative ou d’utilité publique
les collectifs, militant·es et initiatives citoyennes
les entreprises à impact réel, dont les pratiques sont cohérentes avec leurs valeurs affichées
toutes initiatives, projets ou entreprises oeuvrant pour la cohésion et le bien-être du Vivant (humain, animal, végétal)
Je privilégie les collaborations à long terme, fondées sur la confiance et l'alignement des valeurs plutôt que sur la seule logique de marché.
Les projets que je refuse
Je ne travaille pas avec des structures dont l'activité est en contradiction avec mes valeurs. Cela inclut, sans s'y limiter :
les secteurs fossiles, extractifs ou polluants :(pétrole, gaz, industrie chimique agressive…)
tout acteur du secteur de la défense et de l'industrie militaire : fabricants d'armes, prestataires de l'armement, ou toute structure dont l'activité principale contribue à la production ou à la promotion de la guerre
les acteurs du greenwashing ou du socialwashing : communication trompeuse sur les engagements environnementaux ou sociaux
les marques fondées sur une logique consumériste agressive (fast fashion, surconsommation délibérée, obsolescence programmée…)
tout projet véhiculant des discours discriminatoires, qu'ils concernent le genre, l’ethnie, l'orientation sexuelle, le handicap, la confession religieuse ou toute autre caractéristique
les entreprises qui pratiquent ou cautionnent les tests sur animaux, quel que soit le secteur d'activité
les campagnes de désinformation ou de manipulation de l'opinion publique
En cas de doute, je me réserve le droit de poser des questions, de demander des documents ou de décliner sans avoir à me justifier longuement.
Comment je travaille
Conception raisonnée : Je pense l'impact environnemental de mes créations à chaque étape, lorsqu'un support imprimé est nécessaire, je le conçois avec une attention particulière à allonger son cycle de vie par différents paramètres :
Le choix d’atelier d’impression ou imprimerie locale ou nationale
Le choix des matières premières recyclées, certifiées FSC et de procédés d'impression peu coûteux en énergie
L’attention sur des quantités justes : ne pas sur-imprimer et éviter à tout prix le gaspillage de papier
La maîtrise des coûts : proposer des devis d’impression en accord avec le budget alloué par le client/la cliente
Je suis convaincue qu'un support utile est porteur d'émotion et aura naturellement une durée de vie plus longue, c'est vers cet objectif que je tends. Je préfère concevoir moins, mais mieux.
Accessibilité Je conçois des visuels lisibles et accessibles : contrastes suffisants, typographies claires, attention aux besoins des personnes neuro-divergentes ou en situation de handicap visuel.
Inclusivité et représentation J'utilise un langage inclusif dans mes communications et j'intègre cette sensibilité dans les projets éditoriaux et visuels que je crée. Je veille à la représentation diversifiée dans les choix iconographiques, photographiques et typographiques.
Choisir mes outils de travail avec discernement : Je m'informe sur les conditions dans lesquelles les outils que j'utilise ont été développés socialement et écologiquement et je les choisis en conséquence.
Relations de travail saines Je valorise la transparence, la confiance, le dialogue, l’écoute et je respecte les choix qui me sont formulés.
Je ne travaille pas dans l’urgence car “tout ce qui en vaut la peine prend du temps.”
Bénévolat & création politique Je participe à créer bénévolement des visuels pour des causes qui me sont chères avec un soutient artistique aux causes humanitaires, à la lutte contre les idées d’extrême droite ou encore aux luttes sociales et écologistes dans leur globalité
Transparence tarifaire Je pratique une tarification juste et transparente. Je propose des tarifs solidaires pour les associations et petites structures à budget limité, et je maintiens des tarifs cohérents avec le volume qu’il m’est demandé.
Inclusivité et vivre-ensemble
Je nomme les choses : notre société est traversée par des systèmes d'oppression multiples et souvent imbriqués : sexisme, racisme, homophobie, transphobie, validisme. Le design n'en est pas exempt. Il peut reproduire des stéréotypes, invisibiliser des groupes entiers, ou au contraire contribuer à amplifier ces discriminations dans l’espace public, numérique et audiovisuel.
Je m'engage à :
Refuser tout projet qui véhicule, même subtilement, des discours ou des représentations discriminatoires, qu'il s'agisse de genre, de l’ethnie, de l’orientation sexuelle, de l’handicap, de la confession religieuse et de la classe sociale
Représenter fidèlement la société dans chaque projet : genre, corps, situations, origines, religions
Soutenir activement les structures et initiatives qui œuvrent contre les discriminations et les oppressions: collectif et associations antiracistes, féministes, LGBTQIA+, humanitaires et plus largement toute organisation plaidant pour nos libertés individuelles
Adopter une approche intersectionnelle : les discriminations ne s'additionnent pas, elles se croisent et se renforcent. Mes choix créatifs en tiennent compte
Questionner mes propres angles morts : l'inclusivité est un apprentissage continu, pas un label qu'on s'attribue
Je crois que le design peut être un outil d'émancipation ou un outil d'oppression tout dépend de qui le tient et pour qui il travaille. Je choisis de mettre mes compétences au service de celleux qui cherchent à rendre la société progressiste, antifasciste et humaniste.
Intelligence artificielle
L'IA est désormais omniprésente dans les outils créatifs, et je ne l'ignore pas. Je fais le choix d'un usage modéré avec discernement.
Je m’engage à :
Ne jamais remplacer la création par l'automatisation : l'IA peut m'aider à synthétiser des briefs, à mettre en situation des projets mais en aucun à cas être utiliser pour de la conception graphique pure réfléchie et personnalisée (logo, identité visuelle, maquette numérique, maquette éditoriale)
Être transparente avec mes client·es lorsqu'un outil d'IA a été utilisé dans le processus de création, et ouvrir le dialogue si cela soulève des questions
Préserver et promouvoir la valeur du travail humain : dans un secteur créatif déjà fragilisé par la dévalorisation tarifaire, je ne contribue pas à l'effacement ou le remplacement des métiers touchés sous couvert d'efficacité.
Amélioration continue
Je ne prétends pas avoir tout résolu. Je m'engage à relire et à mettre à jour cette régulièrement, au fil de mes apprentissages et des évolutions de mon activité.
Dernière mise à jour : Mai 2026, studiocoquelicot.com
Charte des éco-designers (AFD)
La Charte des éco-designers est la réponse volontaire et engagée des professionnels du design aux enjeux majeurs du développement durable. Elle constitue également une réponse à l’art. 8 et 9 de la Charte de l’Environnement, inscrite dans la constitution française le 28 février 2005.
Nous entendons par écodesign, une approche de conception qui prend en compte la responsabilité écologique, sanitaire, la justice sociale et l’apport culturel — pour nos contemporains et les générations futures — dans l’innovation, la conception et le développement de produits et services. L’éco-design intègre ces paramètres dans une approche systémique. Cette approche doit se comprendre dans une démarche d’amélioration continue en fonction des avancées technologiques, scientifiques et de connaissances humaines du moment. Il est de notre devoir d’apporter une contribution au développement durable, dans le cadre nos métiers, nos services et des produits qui en résultent.
Nos engagements sont simples, raisonnables et précieux.
Pour intégrer les enjeux du développement durable dans nos processus de conception afin de minimiser l’impact environnemental et viser le bien-être de l’humain présent et à venir, nous nous engageons à respecter les 10 principes suivants :
1. Amélioration continue
S’inscrire dans une démarche d’amélioration continue, de questionnement et d’innovation permanente. Cette démarche passe par la formation et l’information des différents acteurs du processus.
2. Approche systémique
Concevoir son travail dans une approche systémique qui prend en compte des critères multiples et leurs interactions.
3. Agir ensemble
Intégrer les clients et les fournisseurs à cette démarche afin de les impliquer sur le long terme.
4. Responsabilité sociale
Prendre en compte le respect des conditions sociales et sanitaires dans le choix des fournisseurs et entreprises, y compris jusque dans le choix de ses clients.
5. Ressources
S’assurer que le choix des matériaux et des matériels repose sur des critères environnementaux et sociaux tout au long de leur cycle de vie.
6. Eau, Air, Sols
Considérer l’eau, l’air et les sols comme des biens communs de l’humanité qu’il faut préserver et ne pas polluer tout au long du cycle de vie du produit ou du service.
7. Énergie
Minimiser les besoins en énergie tout au long du cycle de vie du produit ou du service. Privilégier les sources d’origine renouvelables et non polluantes.
8. Déchets
Minimiser les pollutions sur l’environnement et privilégier la recyclabilité du produit ou du service, ainsi que les résidus et emballages liés.
9. Santé
Prendre en compte l’impact sanitaire sur l’ensemble du vivant en s’assurant de l’innocuité du produit ou du service (dans l’état actuel des connaissances).
10. Biodiversité
Prendre en compte la biodiversité afin de ne pas lui porter atteinte et viser à sa préservation tout au long du cycle de vie du produit ou du service.
Sources : AFD